Fribourg est
une des villes qui attachent le plus d’importance aux différentes initiatives écologiques et attire de ce fait de nombreux visiteurs, notamment français, qui s’inspirent des innovations de la
banlieue aisée de Vauban pour rénover des bâtiments et les mettre aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale).
Connu pour avoir été un camp militaire allemand occupé par l’armée française de la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à la réunification de l’Allemagne en 1989, ce quartier a été achevé en 2006, prévu pour abriter 5500 habitants. Ceux-ci ont peu à peu expérimenté une vie différente de celle que la plupart d’entre nous connaissent. En effet, il est l’illustration d’une tendance de plus en plus répandue en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et dans le reste du monde, qui consiste à dissocier vie en banlieue et usage de la voiture pour favoriser une « urbanisation intelligente ». Pour cela, les résidents ont progressivement développé les énergies renouvelables, les transports doux… et ont pour la plupart abandonné leur voiture. Les places de parking sont disponibles près de la banlieue, mais s’achètent environ 26500 euros, et seule l’artère principale de Vauban laisse passer le tramway de la ville.
Les familles qui y habitent utilisent tout de même des voitures achetées en commun ou louées au club de covoiturage du quartier si besoin est de les utiliser ; elles ont montré que l’on peut vivre sans voiture en ayant une qualité de vie certaine.
En outre, de beaux bâtiments s’élèvent sur quatre ou cinq étages donnant sur des jardins. Ainsi, grâce à leur orientation nord-sud, à une parfaite isolation et à une toiture en panneaux photovoltaïques, ils réduisent les déperditions thermiques, accroissent l’efficacité énergétique et forment par conséquent un ensemble de « logements à énergie positive », c’est-à-dire d’habitations qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment puisqu’elles sont alimentées par l’énergie solaire. Les appartements fonctionnent un peu comme un Thermos : même s’il fait -14°C à l’extérieur et que les radiateurs sont éteints, la chaleur de la pièce reste tout de même ambiante (18°C environ). En visitant le quartier, on peut également apercevoir un immeuble de bureaux, surnommé le « Paquebot solaire » avec des lofts sur le toit. Il constitue un véritable mur antibruit entre le village solaire et une voie où passent voitures et transports en communs.
Certaines villes projettent désormais de développer ce concept d’écoquartier, malgré la crise économique actuelle : c’est le cas de Montréal, Bâle et bien d’autres.
De plus, ce genre de quartier n’est plus réservé aux seules villes riches de quelques pays qui le sont tout autant : à Maipú , dans la banlieue de Santiago du Chili, Villa Cuatro Alamos en est par exemple devenu un.
Il s’agit donc d’un concept
exemplaire, et nous pouvons espérer que bien d’autres initiatives de ce type seront engagées pour favoriser un développement répondant à la fois à
nos besoins, mais aussi à ceux des générations futures…
Blandine.